La Cyber laverie de sophie

Rencontre avec une entrepreneuse angoumoisine

Créer son propre business pour palier au manque d'emplois ou dénicher des concepts novateurs, créer son propre job et prendre du plaisir à aller travailler, l'entrepreneuriat a le vend en poupe ! Sophie, originaire de Haute-Vienne et angoumoisine d'adoption a eu l'idée d'implanter au 53 rue Saint-Roch, sur le plateau d'Angoulême, une laverie cybercafé. Le concept est né il y a dix ans, alors qu'elle était encore à la fac et qu'elle devait se soumettre chaque semaine à la corvée de la laverie. Lieu peu fréquentable, impersonnel, où l'on s'ennuie, la laverie du futur devait être pour elle un espace agréable, de partage, connecté et branché. Il y a un an et demi, après avoir quitté son poste dans la vente de publicités pour les pages jaunes, Sophie ouvre Ma Centrale Perk. Aujourd'hui elle lave, repasse, récupère le linge de ses clients, leurs colis, vend des places de concerts bénévolement et organise même des après-midis thématiques. Je la retrouve dans l'espace cyber, sur les confortables canapés rouges, entre la laverie et la petite terrasse abritée de la pluie et des nuisances sonores de la ville.

News² : Vous avez l'idée d'une laverie cybercafé il y a une dizaine d'années mais quand et de quelle manière a débuté la réalisation concrète du projet ? 

Sophie : C'était il y a deux ans. J'ai négocié une rupture conventionnelle avec mon ancien employeur et je ne savais pas trop quoi faire. Je me suis rendue compte que c'était maintenant ou jamais. Après la question s'est posée de savoir si c'était bien pertinent de le faire sur une ville comme Angoulême où il n'y a pas beaucoup d'étudiants, qui n'est pas très grande... Mais j'aime les défis alors je me suis dit que si ça pouvait marcher ici, ça pouvait marcher partout. Le projet s'est monté petit à petit au fil des démarches, je ne me suis jamais dit « allez je me lance » mais « je peux tenter ça ou ça ». Entre le début de ces démarches et l'ouverture de la boutique, il s'est écoulé neuf mois.

News² : Vous vous êtes lancée toute seule ou vous avez été aidée dans vos démarches par des organismes, par exemple ?

Sophie : Oui. J'ai beaucoup travaillé avec la Chambre du commerce et la Chambre des métiers. Ils ont un programme, NACRE, qui aide les créateurs et repreneurs d'entreprises à faire leurs démarches, les études de marché, les plans de financement, des choses un peu « barbare » qui font peur au début. Une boutique de gestion me suivait aussi. Ça a été très enrichissant. On ne peut pas se lancer tout seul, sans aide, c'est pas possible. Il y a des démarches que l'on imagine même pas ! C'est monstrueux, même pour une petite structure comme celle-ci, je n'imaginais pas qu'il fallait autant d'autorisations. J'ai dû faire une croix sur l'alcool, la nourriture, c'était trop compliqué à mettre en place, du moins pour l'instant, au niveau des Licences et des formations.

"j'aime les défis alors je me suis dit que si ça pouvait marcher ici, ça pouvait marcher partout"

News² : Vous aimeriez ajouter un snack aux nombreux services que vous proposez déjà (laverie, cybercafé, Relais colis) ?

Sophie : J'aimerais bien, pas forcément du salé, plutôt du sucré comme des muffins. Si c'est du fait maison, il faut faire une formation de trois ou cinq jours entre 500 et 1000 euros. Si c'est des produits industriels, il n'y a pas besoin d'avoir une formation particulière, il faut juste avoir de quoi les conserver correctement. Une matinée de formation sur la chaîne du froid est suffisante.

News² : Pourquoi avoir choisi le centre-ville d'Angoulême pour y implanter votre Cyber Laverie et comment avez-vous trouvé ce local ?

Sophie : Le local c'était un peu compliqué... Il fallait un certain agencement par rapport à ce que je voulais faire. J'ai visité des plus neufs, des mieux faits, des plus chers. J'ai trouvé que celui-ci était un bon compromis. En revanche, l'emplacement c'est un peu imposé à moi. Il n'y a pas beaucoup d'offres au niveau des locaux comme je cherchais. On m'a pas mal demandé pourquoi je n'étais pas montée sur La Couronne, le campus, Ma Campagne mais moi j'avais envie d'être sur le centre-ville. 

News² : Et finalement, votre Cyber Laverie fonctionne bien ici ?

Sophie : Oui, ça marche pas mal. J'ai mes habitués. On ne se rend pas compte mais en ville il y a plein de gens qui n'ont pas de machines à laver. Les appartements sont petits, c'est pas évident même s'il y a l'emplacement de prévu dans la salle de bain ça mange toute la place. C'est pas forcément très pratique et au final, tout le monde devrait aller à la laverie. Si on calcule, entre l'entretien d'une machine, de l'achat, de l'eau, ça coûte moins cher d'aller en laverie que d'avoir sa propre machine à laver. Je milite pour ça tous les jours. 

News² : Dans vos habitués, vous avez des clients plutôt jeunes, moins jeunes, quelques étudiants ?

Sophie : De tous les âges mais c'est beaucoup des hommes. Ils n'ont pas envie de se prendre la tête avec ce genre de choses, c'est un poste de dépenses qu'ils sont plus enclins à mettre en place, je pense. J'ai même un client qui habite en face d'une laverie automatique. Je vais chercher le linge et je lui ramène. C'est un service qui intéresse. 

"On m'a demandé pourquoi je n'étais pas montée sur La Couronne, le campus, Ma Campagne mais moi j'avais envie d'être sur le centre-ville."

News² : Vous proposez pas mal de services, lesquels fonctionnent le mieux ?

Sophie : La laverie. Le cyber au niveau du rendement c'est assez différent.

News² : Vous avez des clients qui viennent juste pour le cyber parfois ?

Sophie : Oui. Une journée comme aujourd’hui (je suis en effet venue entre deux averses, Sonia), j'ai eu plus de monde au Cyber qu'à la laverie. Il y a d'autres cybers en ville comme la Cité du Joueur mais c'est plus pour les jeunes qui veulent jouer et il y en a un avenue Gambetta qui fait Taxiphone mais ça n'est pas encore non plus la même clientèle. Les gens viennent ici pour consulter leurs mails, travailler, l'endroit est plus calme.

News² : Pour cette Cyber Laverie qui a ouvert il y a un an et demi vous avez d'autres projets ?

Sophie : Dans l'immédiat ce serait de mettre en place un petit coin avec un peu de nourriture. J'essaye aussi, quand le temps me le permet, de faire des après-midis à thèmes. Des petites choses plus sympas pour que les gens puissent se retrouver. J'ai fait un atelier déco, un atelier bougies, le mois dernier c'était un troc vêtements. Ça démarre doucement, il faut motiver les gens, communiquer, c'est pas forcément évident. Le troc vêtements à plutôt bien marché, il est tombé le même jour que la braderie. Il faut être patient.

Pour retrouver Ma Centrale Perk de Sophie sur Facebook cliquez ici !

Propos recueillis par Sonia Carré.


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