News² arrive sur la rochelle

Vous avez pu suivre ces derniers mois mes pérégrinations à travers Angoulême, ville du sud-ouest de la France, préfecture de la Charente (16) et célèbre à l'international pour son festival de la bande dessinée. Je suis allée à la rencontre des nuits deboutistes de la place Hergé, de Sophie jeune entrepreneuse angoumoisine, de végétarien(ne)s et végans poitevins, de quelques rares hétérodoxes qui, à l'émulation collective de l'Euro 2016, ont préféré vibrer sur du "punk trash power violence", j'ai chroniqué le film phénomène Merci Patron ! lors de son arrivée dans les salles d'Angoulême etc.

 

De cette relative "petite ville" de Province aux cinquante mille habitants, cœur d'une vaste communauté d'agglomération qui en compte près de deux cents mille, j'ai pu observer l'expression paroxystique du malaise social français. Le désir palpable d'innovation économique par l'entrepreneuriat ou politique avec Nuit Debout, les revendications philosophiques, écologiques, hygiénistes de ceux qui ne veulent plus manger de viande m'ont ouvert les yeux sur les grands changements de demain et sur leur répercussion au niveau local.

 

Qu'ils soient présents sur la toile ou dans la rue, dans les salles obscures des cinémas indépendants, les citoyens s'intéressent de plus en plus à la politique en ce qu'elle concerne la vie de la Cité, pensent toujours les inégalités entre les hommes et les femmes (le harcèlement de rue quotidien auquel j'ai été confronté en tant que femme m'a inspiré l'interview de Vincent Lahouze, un blogueur hardent observateur du phénomène), repensent la place de l'être humain sur terre. 

 

Ce qui m'a aussi et surtout le plus frappé ce sont ces fantômes qui peuplent la ville. Ces personnes qui vivent dans la rue, dans les quartiers (Basseau, Bel Air... ), ceux qui sont dans une précarité extrême, ceux que l'on croise, dont on parle et à qui l'on parle dans les débats et les manifestations culturelles mais qui, rarement, ont la parole. Constat donc d'un mouvement, de changements mais d'une profonde division. 

 

Me voici désormais pour l'année scolaire 2016 - 2017 à La Rochelle (17) en Charente Maritime. Je me suis rapprochée de la côte Atlantique, des attractions touristiques, d'un pôle universitaire, de la plage quittant la grisaille angoumoisine entrecoupée de violentes canicules pour la douceur de l'air marin. Installée depuis le début du mois de septembre, j'ai eu l'occasion de découvrir le café à deux euros soixante-dix sur le vieux port, les prix des loyers défiant ceux de la Côte d'Azur, d'observer le chassé-croisé entre vacanciers et étudiants, l'indolence de la marche de l'ouvrier, de l'employé, du patron, du chômeur, de l'étudiant, de l'élève, du retraité au bord de la mer. Une ville au rythme complètement différent et qui réserve, j'en suis sûre, plein de news au carré.

 

Sonia Carré  

Écrire commentaire

Commentaires : 0